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Vendredi 20 juin 2008
Par Weatherboy
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Samedi 5 avril 2008
Une Béninoise menacée d'expulsion après le décès de son mari français

En un mois, la vie d'Elisabeth Guerin a basculé. Cette Béninoise de 38 ans, entrée légalement en France le 16 octobre 2005 pour se marier, menait depuis deux ans une vie heureuse et tranquille. Le 3 octobre 2007, Claude, son conjoint français, meurt d'un cancer. Le second choc survient à peine un mois plus tard, avec l'envoi par la préfecture d'un courrier qui lui refuse le renouvellement de sa carte de séjour et lui donne un mois pour quitter la France.
"Nous nous connaissions depuis des années, avec Claude. Il venait très souvent au Bénin, et puis un jour il m'a demandée en mariage. Amoureuse, j'ai abandonné les deux salons de coiffure que j'avais, pour faire ma vie avec lui ici", raconte Elisabeth, qui ne comprend toujours pas l'enchaînement des malheurs qui l'accablent.

C'est en toute confiance qu'en septembre 2007 Mme Guerin, titulaire d'un titre de séjour temporaire, car elle n'avait pas encore trois ans de mariage, commence les démarches nécessaires pour le renouvellement de sa carte.

"Claude était alors encore vivant. Mais j'ai dit à la préfecture que, malade, il ne pouvait plus se déplacer pour signer le dossier. Et après son décès, je suis allée les en informer. Je suis une femme honnête", explique-t-elle. A toutes ses raisons d'être traumatisée s'en est ajoutée une autre : une brève interpellation.

Mardi 1er avril, Elisabeth Guerin a été interpellée à son domicile et conduite en centre de rétention à Tours. Jeudi, le juge des libertés et de la détention (JLD) l'a libérée en l'assignant à résidence et en lui ordonnant de se présenter chaque jour à la gendarmerie de sa commune. "Je n'ai plus désormais le droit de travailler, s'inquiète-t-elle, salariée d'une entreprise d'aide à la personne.

Le tribunal administratif ayant rejeté le 6 mars le recours qu'elle avait déposé contre la décision du préfet, Elisabeth Guerin attend le jugement de la cour d'appel, qu'elle a saisi.
Mais depuis, elle vit cette attente avec d'autant plus d'angoisse. "Elle est très insérée dans la commune, elle travaille, a un appartement, des amis", insiste Reine Gasque, une voisine, directrice d'une des écoles maternelles de la commune où s'est constitué un collectif de soutien. "Voilà à quoi conduit la précarisation du séjour ! On n'a pas arrêté de repousser le moment où les conjoints de Français peuvent avoir une carte de résident", dénonce Nicolas Ferran du mouvement Les Amoureux au banc public, qui défend le droit à une vie normale pour les couples mixtes. Depuis la loi de 2006, les conjoints de Français doivent attendre trois ans pour faire la demande d'une carte de résident. Avant cela, un titre de séjour temporaire leur est délivré de plein droit, mais "à condition que la communauté de vie n'ait pas cessé".

Le préfet d'Indre-et-Loire a considéré que l'administration ne pouvait renouveler le titre de séjour de Mme Guerin, "même si cette rupture de communauté de vie résulte malheureusement du décès du conjoint français" comme il l'indique dans son courrier.

Source:
Le Monde, 05.04.08

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Samedi 5 avril 2008
Mort d'un sans-papier noyé en fuyant à la police

«MON FRÈRE était quelqu'un de bien. Il est venu en France pour me donner un rein et c'est moi qui lui avais demandé de rester pour ne pas être seule. Il est venu pour me sauver la vie, et c'est lui qui meurt. C'est comme s'il s'était sacrifié pour moi. » Ce jeune Malien de 29 ans est décédé vendredi après avoir sauté dans la Marne, en contrebas du pont de Joinville pour échapper à un contrôle de police à la gare RER de Joinville ( Val-de-Marne ). Hier, 400 personnes se sont rassemblées sous la pluie sur les lieux du drame à l'appel de Réseau éducation sans frontières (RESF) pour rendre hommage à la victime.

Baba était arrivé en avril 2004 du Mali. Il a 25 ans, est titulaire d'un BEP électricité. Par chance, il est compatible avec Maïmouna, aujourd'hui âgée de 40 ans, qui souffre d'une insuffisance rénale. Le jeune  homme accepte de donner l'un de ses reins et se fait opérer en juin. « Lorsque je l'ai vu en consultation annuelle, il se portait parfaitement bien, il faisait du sport... » se souvient le professeur Christophe Legendre, chef de service de transplantation rénale à l'hôpital Necker à Paris , qui l'a fait venir d'Afrique pour effectuer cette transplantation. Célibataire, Baba habite ensuite avec sa soeur dans un deux-pièces humide situé à Neuilly-Plaisance (Seine-Saint-Denis). Il dort sur le canapé, effectue quelques petits travaux de ménage ou dans le bâtiment et joue au foot au Stade olympique de Rosny-sous-Bois, un club de 1re division de District de Seine-Saint-Denis. « Il adorait ça, c'était sa passion ! » se souvient Mahamadou, un ami que Baba connaissait déjà au Mali. Hier, les joueurs du club et leurs adversaires ont observé une minute de silence sur le terrain du stade Armand-Girodit et le numéro 2, porté par Baba, ne sera repris par personne jusqu'à la fin de la saison.
 

« Il ne savait même pas nager ! »

Mahamadou est encore sous le choc. C'est chez lui que la victime se rendait vendredi lorsqu'il a été contrôlé par les agents de la RATP et la brigade anticriminalité. Baba a son pass Navigo, mais pas de papiers. D'après sa soeur, son autorisation provisoire a expiré il y a un an et son renouvellement a été refusé, mais elle n'a jamais entendu parler de l'arrêté préfectoral de reconduite à la frontière délivré en janvier par le préfet de Seine-Saint-Denis à l'égard de son frère. Le jeune homme n'avait pas peur d'être arrêté, selon ses proches. Il avait déjà été interpellé en septembre et en décembre, avant d'être relâché : « Je ne comprends pas pourquoi il a pris la fuite, ni pourquoi il s'est jeté dans l'eau. Il ne savait même pas nager ! reprend Maïmouna. Il m'avait dit : s'ils ne me donnent pas de papiers, je retournerai au Mali . » La colère se mêle à la tristesse : « Les policiers n'auraient pas dû le suivre, même s'il prenait la fuite... Il n'avait rien volé. Ils avaient l'adresse et auraient pu venir le chercher ici... » Des amis de la victime s'interrogent : « Pourquoi Baba a-t-il sauté ? Il a dû se sentir menacé », raconte l'un de ses coéquipiers de l'équipe de football.

D'après une source proche du dossier, le contrôle s'était passé normalement et les policiers n'étaient pas au contact de Baba lorsqu'il s'est jeté dans la Marne. Une enquête a été confiée à l'inspection générale des services, comme c'est systématiquement le cas lorsqu'il y a un mort. L'autopsie du corps devrait se dérouler aujourd'hui.

De violentes échauffourées ont éclaté hier, vers 5 heures, entre les policiers et les pensionnaires du centre de rétention administrative de Vincennes (XII e ). L'incident a eu lieu alors qu'un homme de 30 ans s'apprêtait à prendre l'avion pour le Mali après une décision d'expulsion. « Les hommes sont devenus ingérables », rapporte Pierre Willem, délégué syndical régional de l'Unsa-Police, qui évoque aussi une « possible réaction » à la mort du sans-papiers malien Baba Traoré.

Anne-Laure Abraham

Source: Le Parisien , lundi 07 avril 2008, sur le site Liberté sans frontières





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Samedi 15 mars 2008
Maladie génétique sans papiers: va procréer ailleurs !
 
Mis à jour le :15 mars 2008. Auteur : François Maliet.

LA PRÉFECTURE DE MARSEILLE, qui espérait renvoyer en Algérie le petit Walid, a dû ravaler son arrêté de reconduite à la frontière sous la pression des associations de soutien. Atteint de la maladie de la lune, la moindre exposition aux rayons du soleil provoque des tumeurs de la peau. Le titre de séjour accordé à sa famille, non sans mal, lui permettra de poursuivre son traitement.
La préfecture de police de Paris devrait s’inspirer de cette sage décision. Les époux R., entrés légalement en France en mars 2004, ont accueilli leur premier bébé quelques mois plus tard. L’heureux événement leur réserve cependant une vilaine surprise : une phénylcétonurie, maladie héréditaire affectant le métabolisme, est détectée chez le nouveau né. En l’absence de soins spécifiques, cette saloperie conduit à une arriération mentale, aussi grave qu’irréversible, en moins de trois mois. Coup de bol contre coup du sort, la maman a accouché en France. « En Algérie, cette maladie génétique ne peut faire l’objet d’un dépistage à la naissance », affirme l’avocat de la famille, Me Emmanuel Nicolino [1] après avoir interrogé plusieurs professeurs des hôpitaux algériens. Et le bavard d’enfoncer le clou : « Elle ne peut pas plus y être soignée qu’elle n’y est diagnostiquée. » La famille R. demande donc à rester en France pour espérer sauver l’enfant. Dans un premier temps, la maison poulaga n’accorde des papelards provisoires qu’au père et au minot. Facétie policière. Mais madame finira par obtenir elle aussi son autorisation provisoire de séjour.
En avril 2006, se pointe le deuxième enfant du couple, porteur de la même maladie. Vient le temps du renouvellement de l’autorisation de séjour, alors que la mère a bien des bambins à panser. Qu’importe, le médecin chef de la pref’notifie que « la présence de l’intéressée auprès de ses enfants n’est pas indispensable ». Eh oui, « l’intéressée », c’est bien la maman des deux gosses atteints d’une maladie génétique grave ! Suivant l’avis de ce jean-foutre, la préfecture notifie une obligation de quitter le territoire français à Mme R. le 24 septembre dernier. Choix cornélien pour cette femme sur qui le sort et l’administration française s’acharnent : soit retourner au bled en abandonnant ses minots, soit les embarquer et les vouer à une mort certaine. Ou rester et s’exposer à une peine d’emprisonnement de trois ans et à une interdiction du territoire de dix ans.
La génitrice du fonctionnaire qui impose ce dilemme devait sans doute ranger son avorton dans la poubelle sous l’évier. Mais pourquoi un tel acharnement ? Quid du père qui n’est nullement ennuyé ? Décodé, le message de la préfecture pourrait se résumer ainsi : que Mme R. aille pisser ses côtelettes cacochymes de l’autre côté de la Méditerranée


Publié dans CQFD n°54, mars 2008.

[1] Qui est aussi le bavard de CQFD. Il mêle si bien hargne et persuasion que plus personne n’ose nous traîner en justice.

Source:
CQFD n°54, mars 2008


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Samedi 15 mars 2008
SUICIDE d’un SANS PAPIERS de 19 ANS à MEUDON

COMMUNIQUE DU CSP 92


John Maïna, un jeune kenyan de 19 ans s’est pendu vendredi 15 février dans l’appartement où il était logé par France Terre d’asile à Meudon, Il venait juste d’apprendre le rejet définitif de sa demande d’asile.

John n’a pas accepté l’idée de se voir demain expulsé vers son pays d’origine le Kenya qu’il avait fui il y a deux ans parce qu’il « était condamné à mort » , se retrouver entre les mains de ses bourreaux cela lui est insupportable.

Dans une lettre qu’il a laissée pour expliquer son geste de ce vendredi 15 février 2008, John Maïna a préféré mourir plutôt que de retourner dans son pays d’origine ou il est menacé de mort, aujourd’hui en proie à la guerre civile.

Une guerre civile au Kenya qui dure depuis deux mois, a déjà fait plus de 1000 morts et déplacé plus de 300.000 personnes, après une élection marquée de fraudes, dans certaines régions de ce pays, notamment la vallée du Rift, ou cette guerre a commencé depuis longtemps.

A 17 ans, John Maïna a été contraint d’adhérer à une secte/milice de funeste réputation, les Mungikis. Ayant fui cette secte, il s’est retrouvé "dans une situation perverse avec les membres Mungikis à sa recherche voulant sa mort, la police qui va le pourchasser en le considérant comme un Mungiki.

Un pasteur l’a récupéré et l’a aidé à rejoindre la France le 19 mars 2006.

Le 6 juillet 2007 l’OFPRA (Office Français de Protection des Réfugiés et des Apatrides)
rejetait la demande d’asile de John.
Le 21 janvier 2008, la Cour nationale du Droit d’asile, présidée par G. DACRE-WRIGHT rejetait son recours.
John a pris connaissance le 15 février 2008 du rejet , le jour même il s’est suicidé à Meudon

Le CSP92

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Le Club d’athlétisme parisien, Championnat Sports, qui le comptait au nombre de ses athlètes performants a fait un communiqué digne :

"Nous n’acceptons pas qu’un garçon puisse à l’orée de sa vie d’adulte, dans la patrie des droits de l’homme, être confronté à une telle peur d’être expulsé qu’il ne voit d’autre solution que de se suicider. Nous n’acceptons pas que la France, c’est-à-dire nous-mêmes, renonce à sa tradition de Terre d’asile. Elle a ruiné l’espoir d’un jeune homme qui avait courageusement refusé l’oppression... Nous ne voulons pas que John Maïna soit mort pour rien."

Vendredi 22 février à 18h, une distribution de tract est organisée par son Club d’athlétisme devant le Stade de Bercy à l’occasion d’un meeting d’athlétisme

Samedi 23 février à 11h en hommage à John marche silencieuse organisée par son Club à Paris du Stade Championnet 172 rue Championnet, à la Mairie du 18ème ;

à 15 h Denfert - distribution de tracts sur John Maïna à la marche anticoloniale

Lundi 25 février 2008 à 17h, une conférence de presse est organisée devant l’immeuble où John Maïna s’est pendu, 30 bis rue de Paris à Meudon (92190)
Source: RESF 92

Video en mémoire de John Maina:




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Samedi 15 mars 2008
Mikael en garde à vue à 16 Mois

Mickaël, enfant de 16 mois, est incarcéré à la gendarmerie de Vern-sur-Seiche, près de Rennes, avec sa maman placée en garde à vue cette nuit pour avoir refusé de quitter la cellule de la prison administrative pour enfants et adultes étrangers (CRA) de Rennes (St Jacques de la Lande).

 

Jeune femme congolaise (Congo Kinshasa), Bemenga BEKAY est en France depuis 7 ans, elle vit avec le père de son enfant Michel Auku Mothianga Ekutsu depuis plusieurs années. Michel AUKU Mothianga Ekutsu est, lui, en France depuis plus de 17 ans, il est conducteur routier international, le couple a un logement à Tours. Mickael est donc né en France, il y a 16 mois. Une vie de bébé comme une autre, si ce n’était que sa maman n’a pas les bons papiers et que Monsieur Hortefeux pratique aussi la chasse à l’enfant pour remplir ses délirants quotas d’expulsions. Résultat Mickael et sa maman ont été enfermés le 11 février en vue de leur expulsion. Depuis l’enfant ne va pas bien.

Leur expulsion était prévue pour ce matin de Roissy, par le vol de 10h35 pour Kinshasa. Mais, quand à 3 heures du matin les policiers se sont présentés pour extraire la mère et l’enfant de leur cellule et les conduire à Roissy,  elle a refusé de bouger pendant qu’à l’extérieur, le père de Mickael, une trentaine de militants accompagnés de Marcel Rogemont député PS de la 3ème circonscription d’Ile et Vilaine (Rennes) et de plusieurs élus des mairies de Saint-Jacques et de Rennes étaient rassemblés devant les grilles. Le député qui tenait une conférence de presse avec les élus avait garé sa voiture en travers de la l’impasse qui dessert le CRA.

Expulsion bloquée, le Préfet en a pris acte et fait placer Bemenga BEKAY et Mickael en garde à vue. Ils seront jugés en comparution immédiate dans la journée pour refus d’embarquer. L’enfant aussi ? Officiellement, non, seule la mère sera jugée. Mais où est la différence ? Voilà 17 jours que l’enfant est en prison, qu’il maigrit, qu’il est trimballé de cellule en commissariat, en gendarmerie et en tribunaux. C’est sans doute ce que le président de la République appelle sa politique de civilisation.
Source:
RESF 28.02.08

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Lundi 21 janvier 2008
Un avocat malien inscrit à Aix depuis 28 ans obligé à quitter le territoire

par Luc Leroux, La Provence, le 19 janvier 2008

Il a passé sa carrière à plaider la régularisation de centaines d’étrangers. C’est à son tour d’être menacé d’une expulsion. Le préfet des Bouches-du-Rhône a adressé, le 1er octobre, à M e Abdoulaye Coulibaly, un avocat inscrit au barreau d’Aix-en-Provence depuis vingt-huit ans, un arrêté de refus de titre de séjour assorti d’une obligation de quitter le territoire français dans le délai d’un mois. Un territoire sur lequel cet avocat malien vit, sans anicroches, depuis... 1962, date à laquelle il s’était inscrit à la faculté de droit d’Aix-en-Provence. A cette époque-là, il avait 25 ans et la carte de séjour n’avait pas encore été instaurée.

Pour Jean-François Leca, bâtonnier d’Aix, "on marche sur la tête. Mon confrère exerce depuis trente ans, on le voit plaider ses dossiers tous les jours. A croire qu’à la préfecture, il faut faire du chiffre. Plus personne n’est à l’abri". Le chef de file des avocats aixois compte bien que, lundi, à l’audience sur le recours déposé contre la décision préfectorale, "les juges administratifs feront preuve de plus de bon sens que le préfet". L’administration estime qu’Abdoulaye Coulibaly ne "justifie pas de sa présence en France pour chaque année depuis dix ans". En dépit des attestations de tous ses bâtonniers depuis 1980, en dépit du bail de son cabinet renouvelé depuis dix-neuf ans. "Sans incidence", tranche le préfet qui réclame des factures, des quittances... "Je comprends l’émotion, dit la chef du bureau des étrangers à la préfecture, mais on n’a qu’une règle et on l’applique à tous de la même façon".

Me Coulibaly, père d’un enfant français âgé de 21 ans, n’avait jusqu’alors rien rencontré d’autres que des contrariétés, jamais une telle rudesse administrative. En 1974, lorsqu’était sortie la première loi sur le séjour des étrangers, l’administration lui avait rétorqué : "Ça ne vous concerne pas". En 1989, lorsque la préfecture s’était intéressé à sa situation, sa demande de naturalisation suffisait à légaliser sa présence. Durant ces quarante-cinq années de vie en France, son passeport malien - renouvelé en France dans les répresentations diplomatiques- et sa carte professionnelle ont toujours suffi. L’avocat oscille entre rire et pleurs. Cette procédure le terrasse. "C’est ubuesque mais, en même temps, je n’arrive plus à travailler. C’est une humiliation, une meurtrissure". Bien sûr, il s’est rendu au Mali, voir sa famille et même plaider des dossiers, mais "c’est en France qu’il a construit sa vie professionnelle et privée", observe Me Claudie Hubert, son avocate qui ne décolère pas. C’est toute la profession d’avocat qui a décidé de faire bloc derrière son confrère. Le Syndicat des Avocats de France et le Conseil national des barreaux interviendront lundi à l’audience.
Luc Leroux

Source: La Provence, 19.01.08

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Lundi 21 janvier 2008

L’absurde ordre d’expulsion d’Adedoyin, 3 ans, sans sa mère

De notre correspondante à Londres KARINE LE LOET

QUOTIDIEN : jeudi 10 janvier 2008

Elle s’agite, babille en anglais, secoue les perles de couleurs attachées au bout de ses tresses. Assise sur les escaliers d’un centre communautaire du nord de Londres, Adedoyin, trois ans, attrape au vol le bras de sa grand-mère, l’appelle « mamie » ou « maman », tour à tour. Sa vraie mère, elle ne la voit que toutes les trois semaines entre les quatre murs du centre de détention pour immigrés de Yarl’s wood près de Bedford. Adedoyin risque une expulsion en solitaire vers les Etats-Unis. Ola (1), sa mère, est menacée de retour forcé vers son pays d’origine, le Nigeria.

L’histoire absurde d’Adedoyin commence avant sa naissance. Lorsque sa mère, en visite aux Etats-Unis, est retenue pour une complication de grossesse et accouche en territoire américain. La petite Adedoyin écope de la nationalité locale. Six semaines plus tard, mère et fille reviennent avec un visa de tourisme en Grande-Bretagne, où Ola réside illégalement depuis 1998. La vie d’Adedoyin et de sa mère s’organisent sur fond de débrouille. Ola enchaîne les petits boulots dans des services clientèle, au noir. Mais en 2005, l’argent manque. La jeune femme pousse la porte d’une agence pour l’emploi avec, en poche, un faux passeport, dans l’espoir de décrocher le droit de travailler légalement. Elle se fait prendre. Et est condamnée en février 2007, à dix mois de prison ferme. Elle en purgera cinq.

Débarquée de l’avion. Sa propre mère débarque alors du Nigeria pour s’occuper de la petite Adedoyin pendant l’intervalle carcéral. Mais à sa sortie de prison, Ola est transférée vers le centre de détention de Yarl’s wood, où les immigrés illégaux s’entassent. Le 24 septembre, elle est emmenée à Heathrow et poussée dans un vol vers l’Afrique. Mais la jeune femme résiste. « Ils m’ont battue, insultée. Je me suis mise à hurler que je ne partirais pas sans ma fille. A la fin, le pilote a demandé à ce qu’on me débarque. Je suis revenue à Yarl’s wood », raconte Ola, silhouette immense et verbe précis, dans la salle des visiteurs du centre de détention. Devant elle : une pile de rapports et d’ordres d’expulsion, résumé de sa vie en ordres officiels.

L’article 9 de la convention des Nations unies sur les droits de l’enfant engage les Etats signataires - dont la Grande-Bretagne - à ne pas séparer les enfants de leurs parents. Pourtant, « ces douze derniers mois, nous avons été confrontés à de plus en plus de séparations, confie Amanda Shah, directrice adjointe de Bail for immigration Detainees (BID), une association luttant contre la détention des immigrés et des demandeurs d’asile. Très souvent les parents sont placés à Yarl’s wood pendant que leurs enfants sont laissés à la charge d’un membre de la famille ou des services sociaux. »

Comme des centaines d’autres, Ola attend de pouvoir quitter le centre, où elle survit depuis cinq mois. Mais le 16 octobre, nouveau coup de poignard : ce jour-là, son enfant reçoit une lettre du ministère de l’Intérieur lui ordonnant de se présenter à Heathrow le 23 octobre pour embarquer sur un vol vers les Etats-Unis. Seule. Citoyenne américaine, Adedoyin ne peut être expulsée de force vers le Nigeria avec sa mère. Unique solution au casse-tête : la renvoyer seule dans son pays d’origine. En principe, la chose est légale. Car aucune limite d’âge n’existe en Grande Bretagne à condition que l’accueil des mineurs soit organisé à l’arrivée. Pour faire passer la pilule, les autorités assurent à sa mère qu’Adedoyin sera prise en charge par les services sociaux sur place. « Mais je ne veux pas les laisser envoyer ma fille de trois ans dans un pays où elle ne connaît personne et où elle n’a pas de famille. »

Soins quotidiens. Entre-temps, la Cour européenne des droits de l’homme a ordonné aux autorités britanniques de stopper les procédures jusqu’à nouvel ordre. Depuis son intervention, le ministère de l’Intérieur a mis de l’eau dans son vin, tentant d’organiser le rapatriement légal de la fillette, avec sa mère, au Nigeria. Sous réserve que les autorités locales acceptent de fournir des papiers officiels à la petite Américaine. Ola, elle, s’inquiète d’une telle solution. Car Adedoyin souffre d’un urétérocèle, une maladie rénale congénitale la contraignant à une surveillance quotidienne. « Je ne suis pas sûre que mon pays puisse offrir le traitement nécessaire à ma fille », souligne Ola.

Celle-ci a jusqu’au 11 janvier pour transmettre des informations relatives à la santé de son enfant à la Cour européenne. Au-delà, elle risque de se retrouver très rapidement à l’aéroport d’Heathrow. Contacté sur le cas d’Adedoyin, le ministère de l’Immigration britannique a répondu mardi par un communiqué : « Nous prenons le bien-être de l’enfant extrêmement au sérieux et nous traiterons toujours leur cas avec attention et sensibilité. Lorsque des familles sont impliquées, nous faisons le maximum d’efforts pour qu’elles demeurent ensemble. Cependant, dans des cas extrêmement rares, les familles peuvent tenter d’utiliser leurs enfants pour entraver les lois sur l’immigration. »

(1) Le prénom a été changé.

Source: 
Libération, 10 janvier 2008

RESF, 2 janvier 2008

Voir également article de The Independent
http://news.independent.co.uk/uk/legal/article3300978.ece

jeudi 10 janvier 2008.
 
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Samedi 10 novembre 2007

Communiqué Resf Paris : Rafle à la sortie d’une école bilingue , l’intégration prise au piège !

 
Tout est permis, semble-t-il, dans la course aux chiffres érigée en cause nationale par Brice Hortefeux. La Préfecture de Police de Paris, en retard sur ses objectifs, ne manque pas pour autant de créativité. Après des rafles massives sur la voie publique, rafles dans les ateliers clandestins où l’on préfère prendre pour cible les victimes plutôt que les employeurs, rafles plus discrètes (dans le métro, ou par petites équipes "banalisées"), rafles devant les Restos du Cœur, contrôles aux abords des écoles, voici maintenant la dernière cruelle trouvaille : on rafle aux portes des écoles bilingues où ceux et celles désireux de pleinement s’intégrer croient pouvoir construire un avenir meilleur en apprenant notre langue.

En fin d’après midi, mercredi 30 octobre, un membre de réseau éducation sans frontières est contacté par un enseignant d’un centre culturel linguistique français-chinois proche de la Place de la République. Ce professeur nous indique qu’un car de police banalisé est garé tout près de l’école et que des policiers en civil contrôlent l’identité des asiatiques passant à proximité.

Lire la suite: www.educationsansfrontieres.org/
Par Weatherboy - Publié dans : Actualités en Sarkozie
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Jeudi 1 novembre 2007
Papon, soit fier de tes enfants...

Convoqué pour sa régularisation, il est expulsé

NOUVELOBS.COM | 31.10.2007 | 16:17

Le jeune homme de 25 ans, marié à une française, a été placé en rétention puis expulsé après avoir répondu à une convocation pour la délivrance d'une autorisation de séjour.

La preuve de la convocation citée par la LDH

La preuve de la convocation citée par la LDH (DR)

Un sans-papiers nigérian de 25 ans, marié à une française, a été interpellé le 11 octobre, puis placé en rétention et expulsé, alors qu'il s'était présenté à la préfecture de l'Essonne en réponse à une convocation pour la délivrance d'une autorisation provisoire de séjour a indiqué, mercredi 31 octobre, la Ligue des Droits de l'Homme (LDH).
Le jeune homme était entré en France avec un visa court séjour en mars 2004 avant de se marier en novembre 2006, a affirmé Camille Nicaise, juriste à la LDH, confirmant une information de RMC-Info.
Il avait reçu une convocation datée du 5 octobre pour se voir délivrer une autorisation provisoire de séjour (APS) de deux mois. C'est alors qu'il venait retirer cette APS que le jeune Nigérian a été interpellé, sous les yeux de son épouse qui l'accompagnait.
Placé au centre de rétention administrative de Palaiseau (Essonne), le jeune homme a été expulsé moins de 48 heures après par avion vers Lagos, capitale du Nigeria.

Source: Le Nouvel Observateur, 09.02.2008

En video sur RMC, 31.10.2007


Par Weatherboy - Publié dans : Actualités en Sarkozie
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